1/ Chants de la Révolution française et des autres mouvements de révolte
 La Carmagnole  Ah, ça ira ! La Marseillaise
Le Temps des cerises  Gloire au 17ème  La Butte rouge
 

 Le Chant du départ
 
  Les Canuts  La Chanson de Craonne  
 
2/ Marches et chants de la seconde guerre mondiale
Chant des Partisans Marche de la 2ème DB  Les Africains 
Complainte du partisan 
texte historique
Appel du 18 juin 1940 
 

 

La Carmagnole (1789-1792)

Madam' Veto avait promis (bis)
De faire égorger tout Paris (bis)
Mais son coup a manqué
Grâce à nos canonniers.

Dansons la Carmagnole
Vive le son (bis)
Dansons la Carmagnole
Vive le son du canon !
Dansons la Carmagnole
Vive le son (bis)
Dansons la Carmagnole
Vive le son du canon !

Monsieur Veto avait promis (bis)
D'être fidèle à son pays (bis)
Mais il y a manqué,
Ne faisons pas de quartier.

Antoinette avait résolu (bis)
De nous faire tomber sur le cul (bis)
mais son coup a manqué,
Ne faisons pas de quartier.

Amis, restons unis (bis)
Ne craignons pas nos ennemis (bis)
S'ils viennent nous attaquer,
Nous les ferons sauter.

Oui, nous nous souviendrons toujours (bis)
Des sans-culottes des faubourgs (bis)
A leur santé buvons,
Vivent ces francs lurons.

Ah ! Ça ira


Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Le peuple en ce jour sans cesse répète
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Malgré les mutins, tout réussira !
Nos ennemis confus en restent là
Et nous allons chanter Alléluia
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Quand Boileau jadis du clergé parla
Comme un prophète il a prédit cela
En chantant ma chansonnette
Avec plaisir on dira
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Suivant les maximes de l'Évangile
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Du législateur tout s'accomplira
Celui qui s'élève on abaissera
Et qui s'abaisse l'on élèvera
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Le vrai catéchisme nous instruira
Et l'affreux fanatisme s'éteindra
Pour être à la loi docile
Tout Français s'exercera
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Pierrot et Margot chantent à la guinguette
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Réjouissons-nous le bon temps viendra
Le peuple français jadis à quia
L'aristocrate dit mea culpa
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Le clergé regrette le bien qu'il a
Par justice la Nation l'aura
Par le prudent La Fayette
Tout trouble s'apaisera
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Par les flambeaux de l'auguste assemblée
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Le peuple armé toujours se gardera
Le vrai d'avec le faux l'on connaîtra
Le citoyen pour le bien soutiendra
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Quand l'aristocrate protestera
Le bon citoyen au nez lui rira
Sans avoir l'âme troublée
Toujours le plus fort sera
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Petits comme grands sont soldats dans l'âme
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Pendant la guerre aucun ne trahira
Avec coeur tout bon Français combattra
S'il voit du louche hardiment parlera
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
La Fayette dit vienne qui voudra
Le patriotisme leur répondra
Sans crainte ni feu ni flamme
Le Français toujours vaincra
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira

 

Juillet 1790 auteur probable des paroles : Ladré
musique : air du Carillon national de Bécourt
Couplet improvisé lors de la Fête de la Fédération, 14 juillet 1790 :
(Très vite, les quatre premiers vers ont été ajoutés à la Carmagnole)


Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira !Ah ! ça ira
Les aristocrates à la lanterne
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira !
Les aristocrates on les pendra
Le despotisme expirera
La liberté triomphera
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira !
Nous n'avons plus ni nobles ni prêtrres
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira !
L'Egalité partout régnera
L'esclave autrichien le suivra
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira !
Et leur infernale clique
Au diable s'envolera

source: http://www.merle-rouge.claranet.fr/

 

La prise de la Bastille

récit historique de ce qui s'est passé dans la ville de Paris, depuis le commencement de juillet jusqu'au 13, 14, 15 et 16 du même mois de l'année 1789.

air d'Henry IV
Pour célébrer la gloire de nos fiers Parisiens
Je chante leur victoire qui brisa nos liens ;
Leur active prudence, a mis en décadenc'
Nos secrets ennemis, pour la cause commune,
Nos forces ne feront qu'une nous voilà réunis.

Le monarque de France voulait faire le bien
Le chef des Finances en offrait le moyen ;
Mais un parti contraire prolongeant la misère
Qui blessent les petits, à protester s'amuse ;
C'est ainsi qu'on abuse du bon coeur de Louis.

La mésintelligence s'empare des Etats,
La brillante éloquence entretient les débats,
Le peuple enfin s'irrite de voir que l'on s'agite
Et qu'on avance à rien, il met en évidence
Que tout sujet de France doit être Citoyen.

Bouillant, chaud comme braise, le bourgeois de Paris
Adresse à Louis Seize les plus pressants écrits
Lui disant dans son trouble : Notre crainte redouble
De voir au champ de Mars des troupes étrangères,
Arborant leurs banières, pavillons, étendards.

Une bande indocile de gens séditieux
Se portent dans la ville comme des curieux
Mettant tout au pillage dans un accès de rage
Qu'on ne peut concevoir, pillant grain et farine,
Pour causer la famine, comme le désespoir.

L'affligeante nouvelle du départ de Necker
Donne l'essor au zèle du peuple qui le perd
Tout est dans les alarmes, chacun s'écrie aux armes
L'on tremble pour Paris ; au moment où nous sommes
Plus de deux cent mille hommes, sur pied se trouvent mis.

Le Bureau de la Ville arme tout citoyen
Gens d'une espèce utile, et braves gens de bien :
Pour découvrir les traîtres, on se rend bientôt maîtres
Des lettres et paquets. Le premier que l'on ouvre
Heureusemnt découvre le plus noir des forfaits.

L'on fut à la Bastille, parler au gouverneur.
Pour qu'il nous soit utile dans ce prochain malheur
Vingt milliers de poudre, dit-il, peut nous résoudre,
A nous mettre à couvert. Aujourd'hui par nos armes,
Vous et tous vos gendarmes, feraient sauter en l'air.

Nos bourgeois intrépides, vont, remplis de valeur,
L'hôtel des Invalides, se rend avec honneur ;
L'on trouve en cet asile au moins quinze à vingt mille
Fusils et mousquetons, des bombes, des grenades,
Espontons, hallebardes, des mortiers et des canons.

R'tournant à la Bastille avec tous ces renforts, Delaunay
S'entortille et fait de vains efforts ; bientôt il fait entendre
Qu'il consent à se rendre il fait baisser les ponts ; la
bourgeoisise entrée, soudain est massacrée par le feu des canons.

Un bourgeois de courage, le fameux sieur Hulin, les gardes
Il encourage par un discours divin, criant, chers camarades,
Citoyens prenons garde à ne laisser périr et massacrer
Nos frères dans cette carrière, il faut vaincre ou mourir.

"Histoire chantée de la 1ère République 1789 à 1799 " Louis Damade Paris 1892- Clé du caveau n°1051 .
Cette chanson relate les événements qui ont amené à la prise de la Bastille. Delaunay en était le gouverneur. Au lieu de se rendre, il a préféré résister. Il est intéressant de noter que dans ce texte la prise de la Bastille est attribuée aux bourgeois et non au peuple en général.

 


L'abolition des privilèges

air de : Avec les jeux dans le village

Enfants d'un vrai peuple de frères
Gouverné par les mêmes lois,
Sous l'empire heureux des lumières
Jouissez tous des mêmes droits :
Non, la liberté n'est qu'un piège.
Par l'avare orgueil apprêté,
Tant que le mot de privilège
Blesse la sainte égalité. (bis)

Amour sacré de la partie,
Vertu la plus chère aux grands coeurs,
Tu fais, dans une âme flétrie,
Naître les plus nobles ardeurs :
Ces êtres, esclaves vulgaires
Des préjugés et des abus,
Aussitôt que tu les éclaires,
Deviennent des Fabricius. (bis)

Oui, je l'ai vu ce grand miracle
Ici s'opérer à mes yeux :
Qu'il est bien digne spectacle
De frapper le regard des dieux !
O nuit d'immortelle mémoire,
Nuit que consacre notre amour,
Tu dois aux fastes de l'histoire
L'emporter sur le plus beau jour. (bis)

Dans cet auguste aréopage
Soudain se lèvent les vertus ;
A l'instant le combat s'engage
Contre les antiques abus :
Pour avoir part à la victoire,
Développant tous ses moyens,
Chacun n'aspire qu'à la gloire
Des plus grands héros citoyens ! (bis)

Jamais l'infâme despotisme
N'osera souiller nos regards.
Comme aujourd'hui si le civisme
Brille toujours dans nos remparts ;
Songeons qu'il conserve et féconde
Le bien, sans lui trop incertain,
Que pour le bonheur de ce monde
Peut enfanter l'esprit humain. (bis)

Ce monde entier qui nous contemple
Brûle ici de nous imiter ;
L'honneur de lui donner l'exemple
Est bien fait pour nous exalter :
Prouvons-lui que de l'esclavage
Qu'il voit à nos pieds abattu,
Qui triomphe par le courage
S'en préserve par la vertu. (bis)

Que notre accord inébranlable
Offre, législateurs unis,
Une barrière insurmontable
Aux efforts de nos ennemis :
Contre eux, d'une ardeur peu commune,
Que chaque orateur transporté
Lance du haut de la tribune
Les foudres de la vérité. (bis)

Sages, que la France rassemble
Pour concourir à son salut,
Unissez vos moyens ensemble,
N'ayez jamais qu'un même but :
Aux principes toujours fidèles,
Tous n'ayez jamais qu'un seul coeur ;
Voilà les bases éternelles
De sa gloire et de son bonheur. (bis)

histoire chantée de la 1ère République. 1789 à 1799. Louis Damade, Paris, 1892
A Versailles les députés, tant bourgeois que nobles, sont inquiets à cause de la Grande Peur et pour mettre un terme aux attaques de châteaux, dans une atmosphère de peur et d'enthousiasme, à deux heures du matin, dans la nuit du 4 Août 1789, l'Assemblée Constituante vote l'abolition des privilèges, des droits féodaux et de la dîme.
Ces privilèges étaient des droits hérités et le symbole d'appartenance à la noblesse. Ils étaient pour les paysans qui les subissaient, humiliants et économiquement insupportables. Il fallut pratiquement 4 ans après la date symbolique du 4 Août avant qu'ils ne soient définitivement abolis. Et ils ne le furent pas pour des raisons philanthropiques mais par nécessité, la Convention ayant besoin du plus grand soutien possible.
Le premier vers du deuxième couplet, se retrouve tel quel dans la Marseillaise.

La Marseillaise Rouget de Lisle.

1
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé,
L'étendard sanglant est levé,
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils et vos compagnes !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
2
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ?
Ces fers dès longtemps préparés ?
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
3
Quoi ! ces cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers !
Terrasseraient nos fiers guerriers !
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres des destinées !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
4
Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix !
Vont enfin recevoir leurs prix !
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La France en produit de nouveaux,
Contre vous tous prêts à se battre !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !

5
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous.
À regret s'armant contre nous.
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
6
Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
Combats avec tes défenseurs !
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
7
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus
Et la trace de leurs vertus
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !

 


Le Chant du départ (La Victoire en chantant)

paroles de Marie-Joseph Chenier
musique de : Méhul

UN REPRESENTANT DU PEUPLE

La victoire en chantant nous ouvre la barrière
La liberté guide nos pas
Et du Nord au Midi la trompette guerrière
A sonné l'heure des combats
Tremblez ennemis de la France
Rois ivres de sang et d'orgueuil !
Le peuple souverain s'avance
Tyrans, descendez au cercueil
La République nous appelle ;
Sachons vaincre ou sachons périr !
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir. bis

CHOEUR DES GUERRIERS

La République nous appelle ;
Sachons vaincre ou sachons périr !
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir.


UNE MERE DE FAMILLE

De nos yeux maternels ne craignez point les larmes ;
Loin de nous de lâches douleurs !
Nous devons triompher quand vous prenez les armes ;
C'est aux rois à verser des pleurs.
Nous vous avons donné la vie ;
Guerriers, elle n'est plus à vous ;
Tous vos jours sont à la patrie ;
Elle est votre mère avant nous.

CHOEUR DES MERES DE FAMILLE

La République nous appelle ;
Sachons vaincre ou sachons périr !
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir.

DEUX VIEILLARDS

Que le fer paternel arme la main des braves ;
Songez à nous aux Champs de Mars ;
Cansacrez dans le sang des rois et des esclaves
Le fer béni par vos vieillards ;
Et, rapportant sous la chaumière
Des blessures et des vertus,
Venez fermer nos paupières,
Quand les tyrans ne seront plus.

CHOEUR DES VIEILLARDS

La République nous appelle ;
Sachons vaincre ou sachons périr !
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir.

TROIS GUERRIERS

Sur le fer, devant Dieu, nous jurons à nos pères,
A nos épouses, à nos surs,
A nos représentants, à nos fils, à nos mères,
D'anéantir les oppresseurs.
En tous lieux, dans la nuit profonde
Plongeant la féodalité,
Les Français donneront au monde
Et la paix et la liberté.

CHOEUR GENERAL

La République nous appelle ;
Sachons vaincre ou sachons périr !
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir.

Pierre Constant Musique des fêtes et cérémonies de la Révolution française, imprimerie nationale 1899
Hymne très guerrier, le chant du départ est l'un des hymnes révolutionnaires les plus connus. l'auteur fait habilement intervenir les éléments de la famille. La République est la mère de tous. Cet hymne reprend les thèmes républicains favoris : La liberté ou la mort, l'universalité de la Révolution.

Les Canuts

Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d'or
Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d'or
Nous en tissons pour vous, grands de l'église
Et nous pauvres canuts, n'avons pas de chemise
C'est nous les canuts
Nous sommes tout nus !

Pour gouverner, il faut avoir
Manteaux ou rubans en sautoir.
Pour gouverner, il faut avoir
Manteaux ou rubans en sautoir.
Nous en tissons pour vous grands de la terre
Et nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre
C'est nous les canuts
Nous sommes tout nus !

Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira :
Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira :
Nous tisserons le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde
C'est nous les canuts
Nous n'irons plus nus !
C'est nous les canuts
Nous n'irons plus nus !

 

Le Temps des cerises

Jean-Baptiste Clément - Antoine Renard (1866-1868)

Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur.
Quand nous en seront au temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps là que je garde au coeur
Une plaie ouverte
Et dame Fortune en m'étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur.

 

Gloire au 17ème (source et commentaires des trois chants suivants: http://www.merle-rouge.claranet.fr/)

Montéhus - Chantegrelet - Doubis (1907)

Au printemps 1907, des centaines de milliers de vignerons
du Midi se révoltent après avoir fait la grève des impôts .
Appelé à mettre fin au mouvement, le 17ème régiment
d'infanterie de Béziers se mutine et refuse de charger les
manifestants, mettant crosse en l'air.

Légitim' était votre colère,
Le refus était un grand devoir.
On ne doit pas tuer ses père et mère,
Pour les grands qui sont au pouvoir.
Soldats, votre conscience est nette :
On n'se tue pas entre Français ;
Refusant d'rougir vos baïonnettes
Petit soldats, oui, vous avez bien fait !

Refrain :

Salut, salut à vous,
Braves soldats du 17ème ;
Salut, braves pioupious,
Chacun vous admire et vous aime ;
Salut, salut à vous,
A votre geste magnifique ;
Vous auriez, en tirant sur nous,
Assassiné la République.

Comm' les autres vous aimez la France,
J'en suis sûr même vous l'aimez bien.
Mais sous votre pantalon garance,
Vous êtes restés des citoyens.
La patrie, c'est d'abord sa mère,
Cell' qui vous a donné le sein,
Et vaut mieux même aller aux galères,
Que d'accepter d'être son assassin.

Espérons qu'un jour viendra en France,
Où la paix, la concorde régnera.
Ayons tous au coeur cette espérance
Que bientôt ce grand jour viendra.
Vous avez j'té la premièr' graine
Dans le sillon d' l'Humanité.
La récolte sera prochaine,
Et ce jour là, vous serez tous fêtés.

 

La Butte rouge (Montéhus - Georges Krier)

La butte rouge est la butte de Bapaume, en Champagne,
théâtre de vive boucherie (1914-1918).

 

Sur cette butt'là y'avait pas d'gigolettes
Pas de marlous ni de gros muscadins.
Ah ! C'était loin du Moulin d'la Galette,
Et de Panam' qu'est le roi des pat'lins.
C'qu'elle en a bu du beau sang cette terre,
Sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !

Refrain :

La Butt' Rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un
matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujurd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Qui boira ce vin là, boira l'sang des copains.

Sur c'te butt'là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartr' où l'champagne coul' à flots;
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendre de terribles sanglots !
C'qu'elle en a bu des larmes cette terre,
Larm's d'ouvriers, larmes de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !

Refrain :

La Butt' Rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un
matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Qui boira ce vin là, boit les larmes des copains

Sur c'te butt'là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons ;
Filles et gars doucement y échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé !

Refrain :

La Butt' Rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains !

 

La Chanson de Craonne (Auteur anonyme, 1917)

Au printemps 1917, la sanglante offensive du Chemin des Dames fit en quelques jours des milliers de morts inutiles. Cette chanson anonyme est née dans les rangs des poilus dont certains commencèrent à se mutiner et à refuser de monter en ligne.

Quand au bout de huit jours, le repos terminé
On va reprendre les tranchées
Notre place est si utile
Que sans nous, on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personne ne veut plus marcher;
Et le coeur bien gros, comme dans un sanglot
On dit adieu aux civelots.
Mais sans tambour et sans trompette
On s'en va baissant la tête.
Refrain:
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes;
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme;
C'est à Craonne, sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés.

2. Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la relève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain dans la nuit et le silence
On voit quelqu'un qui s'avance:
C'est un officier de chasseurs à pied.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Nos pauv'remplaçants vont chercher leur tombes.
Refrain

3. C'est malheureux de voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la même chose;
Au lieu de s'cacher tous ces embusqués
Devraient bien monter aux tranchées
Pour défendre leur bien car nous on a rien,
Nous autres les pauvres purotins;
Et les camarades sont étendus là
Pour défendr'les biens de ces messieurs-là.

Refrain:
Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront
Car c'est pour eux qu'on crève;
Mais c'est fini, nous les troufions
On va se mettre en grève;
Ce sera votre tour, messieurs les gros,
De monter sur le plateau;
Si vous voulez encore la guerre
Payez-la d'votre peau.

 

2/ Seconde guerre mondiale: marches et chants

 

Le Chant des partisans (A. Marly - J. Kessel - M. Druon)

 
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé ! Partisans, ouvriers, paysans
C'est l'alarme,
Ce soir, l'ennemi connaîtra
Le prix du sang et des larmes.
 
Montez de la mine, descendez des collines
Camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille
Les grenades.
Ohé ! Les tueurs à la balle et au couteau
Tirez vite !
Ohé ! Saboteur, attention à ton fardeau,
Dynamite !
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons
Pour nos frères !
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse
La misère !
Il est des pays où les gens au creux des lits
Font des rêves !
Ici, nous vois-tu, nous on marche, nous on tue
Nous on crève.
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe.
Ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre
A ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez compagnons dans la nuit, la liberté
Vous écoute.

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines

Oh, oh, oh, oh...

Complainte du partisan (Emmanuel d'Astier de La Vigerie)

Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne-toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme.

Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage

J'ai changé cent fois de nom
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
Les Allemands l'ont pris
Il est mort sans surprise.

Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières

Le vent souffle sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera
Nous rentrerons dans l'ombre.

 

Interview du général Leclerc le 25 mars 1944

"Le Régiment de Marche du Tchad représente un magnifique exemple de continuité dans notre armée. Le 1er mars 1941, après la prise de Koufra, en arborant les couleurs françaises sur la forteresse prise à l'ennemi, ils jurèrent de ne pas déposer les armes avant que ces mêmes couleurs ne flottent à nouveau sur Paris et sur Strasbourg libérés. Ce serment, ils sont en train de le tenir !"

MARCHE DE LA 2°DB
Marche officielle de la Division Leclerc (2ème Divison de Blindés)

Après le Tchad, l’Angleterre et la France
Le grand chemin qui mène vers Paris,
Le cœur joyeux tout gonflé d’espérance
Ils ont suivi la gloire qui les conduit.
Sur une France, une croix de Lorraine,
Ecusson d’or qu’on porte fièrement,
C’est le joyau que veulent nos marraines,
C’est le flambeau de tous nos régiments.

REFRAIN:
Division de fer
Toujours en avant
Les gars de Leclerc
Passent en chantant.
Jamais ils ne s’attardent
La victoire n’attend pas,
Et chacun les regarde
Saluant chapeau bas.
Division de fer,
Toujours souriants
Les gars de Leclerc
Passent en chantant
D.B. vive la deuxième D.B.

Ils ont vécu des heures merveilleuses
Depuis Koufra, Ghadamès et Cherbourg.
Pour eux Paris fut l’entrée glorieuse
Mais ils voulaient la Lorraine et Strasbourg,
Et tout là-haut dans le beau ciel d’Alsace
Faire flotter notre drapeau vainqueur
C’est le serment magnifique et tenace
Qu’ils avaient fait dans les heur’s de douleur.

Ils ont connu des brunes et des blondes
Dans les pays qui les ont vus passer
Mais dans leur cœur un seul amour au monde
Notre pays qu’ils viennent délivrer.
C’est pour eux tous dans un doux coin de France
La fiancée qui attend le retour,
Elle oubliera tous les jours de souffrance
Quand la victoire lui rendra son amour.

Au coin du feu dans la paix radieuse,
Très fièrement auprès de leurs enfants
Ils conteront l’histoire merveilleuse
Des bataillons de notre régiment
Gars de Leclerc sera le mot de passe
Qui groupera la poignée de Français
Disant « malgré » quand la défaite passe
« Restant debout, ne se rendant jamais ».

 

Les Africains

Hommage aux soldats des colonies qui luttèrent pour la liberté de la France

Nous étions au fond de l'Afrique
Gardiens jaloux de nos couleurs.
Quand, sous un soleil magnifique
Retentissait ce cri vainqueur
En avant! En avant! En avant!

Refrain:
C'est nous les Africains
Qui arrivons de loin
Nous venons des colonies
Pour sauver la Patrie.
Nous avons tout quitté,
Parents, gourbis, foyers,
Et nous gardons au coeur
Une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière;
Et si quelqu'un venait à y toucher,
Nous serions là pour mourir à ses pieds.
Battez tambours, à nos amours
Pour le Pays, pour la Patrie,
Mourir au loin, c'est nous les Africains.

2. Pour le salut de notre Empire
Nous combattons tous les vautours.
La faim, la mort nous font sourire
Quand nous luttons pour nos amours.
En avant! En avant! En avant!
Refrain:

3. De tous les horizons de France
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui, par nous se fera demain
En avant! En avant! En avant!
Refrain:

4. Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons à nos gourbis
Le coeur joyeux et l'âme fière
D'avoir libéré le Pays
En criant, en chantant: En avant!
Refrain:

 

 

 L'Appel du 18 juin 1940

Discours du Général de Gaulle prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940. Cet appel n'a pas été enregistré.


Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un
jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.

 

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